Introduction — Et si l'alimentation et le cerveau dialoguaient depuis bien plus longtemps qu'on ne le pense ?
Que se passe-t-il dans notre cerveau lorsque nous avons faim ? Pourquoi certaines émotions modifient-elles notre façon de manger ? Une alimentation insuffisante peut-elle affecter notre humeur ou notre comportement ? Et, dans l'autre sens, certains aliments ou certains modes d'alimentation peuvent-ils contribuer à notre santé mentale ?
Ces questions sont aujourd'hui au cœur de ce que l'on appelle couramment la psychonutrition. Elles intéressent des chercheurs en psychiatrie, en psychologie, en neurosciences, en nutrition, en physiologie et dans bien d'autres disciplines.
Pourtant, le terme « psychonutrition » est relativement récent. Les connaissances qu'il recouvre ne le sont pas. Elles se sont constituées progressivement au cours des XIXe, XXe et XXIe siècles, à travers des recherches qui portaient tantôt sur les carences nutritionnelles, tantôt sur les mécanismes de la faim, le comportement alimentaire, les nutriments, le cerveau ou encore le microbiote intestinal.
L'histoire de la psychonutrition est donc avant tout celle d'un rapprochement progressif entre deux domaines que l'on a longtemps étudiés séparément : l'alimentation et le fonctionnement psychique.
Retracer cette histoire permet de comprendre comment s'est construit, étape après étape, le socle scientifique sur lequel repose aujourd'hui notre compréhension des liens entre alimentation et santé mentale.
De quoi parle-t-on ? Un champ scientifique construit progressivement
La psychonutrition peut être comprise comme l'étude des interactions dans les deux sens entre l'alimentation et le fonctionnement psychique.
D'un côté, elle cherche à comprendre comment le stress, les émotions, les habitudes, l'image du corps ou d'autres facteurs psychologiques influencent notre façon de manger. De l'autre, elle s'intéresse à la manière dont l'alimentation, les nutriments et les processus biologiques qui en découlent peuvent agir sur le cerveau, l'humeur, le comportement, les capacités cognitives ou le sommeil.
Ce champ ne correspond toutefois pas à une discipline scientifique unique. Pendant longtemps, les recherches qui constituent aujourd'hui son socle ont été menées sous des appellations différentes : médecine psychosomatique, psychologie du comportement alimentaire, neurosciences de la nutrition, nutrition et santé mentale, puis nutritional psychiatry ou psychiatrie nutritionnelle [1].
Le terme « psychonutrition » s'est développé plus récemment, notamment dans l'espace francophone. Il est aujourd'hui utilisé dans des contextes variés, y compris dans la pratique clinique et la communication grand public. Mais derrière ce terme relativement récent se trouve donc un ensemble de connaissances scientifiques qui s'est construit sur plus d'un siècle de recherches.
Un siècle de recherches en six grandes étapes
1. Les premières observations : quand les carences révèlent le lien entre nutrition et cerveau (XIXe – début XXe siècle)
Les premières connaissances scientifiques sur les liens entre alimentation et fonctionnement mental ne viennent pas de la psychologie, mais en grande partie de la médecine et de l'étude des carences nutritionnelles.
Bien avant cela, des médecins et des philosophes avaient déjà établi des liens entre alimentation et tempérament. La doctrine des humeurs d'Hippocrate associait par exemple certains aliments et certains états du corps à différents tempéraments. Mais ces conceptions reposaient sur des modèles théoriques qui ne permettaient pas encore de démontrer expérimentalement ces relations.
Les premières preuves vont apparaître avec l'étude des maladies liées aux carences.
La psychose de Korsakoff, par exemple, sera associée à une carence en thiamine (vitamine B1). La pellagre, provoquée par une carence en niacine, peut quant à elle s'accompagner de manifestations neurologiques et psychiatriques, notamment de troubles cognitifs et d'une démence. Dans les années 1910, Joseph Goldberger étudie cette maladie et contribue à démontrer le rôle déterminant de l'alimentation.
Ces observations apportent une première évidence fondamentale : le fonctionnement du cerveau dépend de l'état nutritionnel de l'organisme.
En 1912, Walter Cannon et A. L. Washburn enregistrent par ailleurs les contractions de l'estomac associées à la sensation de faim. Cette expérience constitue l'un des premiers travaux expérimentaux établissant un lien entre un phénomène physiologique mesurable et une expérience subjective aussi fondamentale que la faim.
Progressivement, le comportement alimentaire commence ainsi à être étudié comme un phénomène à la fois biologique et psychologique.
2. La naissance de la médecine psychosomatique : comprendre le mangeur autant que l'aliment (1930–1960)
Au cours du XXe siècle, les chercheurs commencent à s'intéresser davantage à la personne qui mange : ses émotions, son histoire, son rapport à son corps et les circonstances dans lesquelles elle s'alimente.
À Chicago, Franz Alexander contribue au développement de la médecine psychosomatique moderne. Dans ce contexte, certaines maladies et certains comportements sont progressivement étudiés en tenant compte des interactions entre facteurs biologiques et psychologiques.
Une figure majeure de cette période est la psychiatre Hilde Bruch. Dès les années 1940, elle s'intéresse à l'obésité sous un angle qui dépasse les seuls mécanismes métaboliques. Elle étudie notamment la perception des sensations corporelles, la relation à la nourriture et à l'image du corps. Ses ouvrages The Importance of Overweight (1957) et Eating Disorders (1973) deviendront des références importantes [2].
De son côté, Albert Stunkard identifie des profils cliniques particuliers. En 1955, il décrit notamment le syndrome des mangeurs nocturnes, caractérisé par une répartition particulière des prises alimentaires au cours de la journée [3].
Une autre étude va profondément influencer la compréhension de la relation entre restriction alimentaire et fonctionnement psychologique : l'expérience de la famine du Minnesota, menée par Ancel Keys en 1944–1945 [4].
Trente-six hommes en bonne santé acceptent de suivre une restriction calorique sévère. Au cours de l'expérience apparaissent des préoccupations croissantes autour de la nourriture, de l'irritabilité et des symptômes dépressifs.
Cette expérience montre de manière particulièrement frappante que la restriction alimentaire ne modifie pas uniquement le corps : elle peut également modifier profondément les pensées, les émotions et les comportements.
En 1957, Kaplan et Kaplan formalisent par ailleurs l'idée que certaines émotions peuvent contribuer au déclenchement de la prise alimentaire. Cette approche constitue l'un des ancêtres directs du concept contemporain d'alimentation émotionnelle.
Une nouvelle question apparaît alors clairement : pour comprendre l'alimentation, faut-il aussi comprendre la psychologie de celui qui mange ?
3. Comprendre les mécanismes de la faim, du plaisir et de la satiété (1960–1980)
À partir des années 1950 et 1960, la recherche entre dans une nouvelle phase. Les chercheurs ne se contentent plus d'observer les comportements alimentaires : ils cherchent à comprendre les mécanismes qui les régulent.
Dès 1953, Jean Mayer propose la théorie glucostatique de la faim, selon laquelle les variations de la disponibilité du glucose participeraient aux mécanismes de régulation de la prise alimentaire.
En 1968, Stanley Schachter développe la théorie de l'« externalité ». Selon cette approche, certaines personnes seraient davantage influencées par les signaux extérieurs — l'heure, l'odeur d'un aliment, sa disponibilité ou son apparence — que par leurs propres signaux internes de faim et de satiété [5].
En 1971, Michel Cabanac décrit quant à lui le phénomène d'alliesthésie : la valeur agréable d'un aliment dépend notamment de l'état physiologique dans lequel nous nous trouvons [6].
Un même aliment peut ainsi sembler particulièrement appétissant lorsque nous avons faim et beaucoup moins attirant lorsque nous sommes rassasiés. Le plaisir alimentaire n'est donc pas simplement une réaction au goût : il participe également aux mécanismes qui régulent notre comportement alimentaire.
En 1981, Barbara Rolls met en évidence le phénomène de satiété sensorielle spécifique. Lorsque nous mangeons un même aliment de manière répétée, son attrait diminue progressivement. C'est notamment ce qui explique pourquoi la première bouchée d'un aliment peut procurer davantage de plaisir que les suivantes.
En 1986, le questionnaire néerlandais DEBQ, développé par Tilia van Strien, permet de mesurer de manière standardisée différentes dimensions du comportement alimentaire, notamment l'emotional eating.
Dans le même temps, les recherches sur les troubles du comportement alimentaire se structurent. La revue Appetite est créée en 1980, suivie par l'International Journal of Eating Disorders en 1981. Gerald Russell décrit la boulimie nerveuse en 1979, avant sa reconnaissance dans le DSM-III en 1980.
La relation entre alimentation et psychologie devient ainsi un véritable objet de recherche scientifique.
4. L'autre direction : comment l'alimentation agit-elle sur le cerveau ? (1970–1990)
Jusqu'alors, une grande partie des recherches s'était intéressée à une première direction : comment le cerveau, les émotions et le contexte psychologique influencent-ils l'alimentation ?
Progressivement, une seconde question prend de l'importance : comment ce que nous mangeons peut-il, à son tour, influencer le cerveau et le fonctionnement psychique ?
En 1968, Linus Pauling défend l'idée que les concentrations de certaines substances naturellement présentes dans l'organisme pourraient être modifiées afin d'influencer certains troubles mentaux. Il développe ainsi le concept de « psychiatrie orthomoléculaire » [7].
Cette approche connaîtra une importante médiatisation, mais ses principales hypothèses seront pour l'essentiel infirmées par les recherches ultérieures. Son histoire illustre néanmoins une évolution importante : les chercheurs commencent à considérer de manière systématique que la composition de notre alimentation pourrait avoir des conséquences sur le fonctionnement cérébral.
En 1971, Fernstrom et Wurtman montrent que l'ingestion de glucides peut augmenter la synthèse cérébrale de sérotonine via le tryptophane [8]. Ce travail devient l'un des articles fondateurs des neurosciences de la nutrition.
Il contribue à développer une idée aujourd'hui centrale : le cerveau n'est pas indépendant de l'état nutritionnel de l'organisme. Les nutriments fournissent non seulement de l'énergie, mais aussi les éléments nécessaires à de nombreux processus biologiques impliqués dans le fonctionnement cérébral.
En 1974, le pédiatre Benjamin Feingold avance l'hypothèse d'un lien entre certains additifs alimentaires et l'hyperactivité. Le sujet suscite un important débat scientifique et public, avec des résultats qui restent discutés.
En 1998, une autre piste attire l'attention. Dans The Lancet, Joseph Hibbeln observe que les pays où la consommation de poisson est importante présentent également des taux de dépression plus faibles [9]. Il s'agit d'une étude observationnelle et non d'une preuve de causalité, mais elle contribue à stimuler les recherches sur le rôle potentiel des acides gras oméga-3 dans la santé mentale.
La recherche commence ainsi à explorer de manière plus précise les deux directions de la relation : le psychisme influence l'alimentation, mais l'alimentation peut également influencer le cerveau.
5. De la recherche au développement de nouvelles approches cliniques (1990–2000)
Dans les années 1990, les connaissances accumulées sur le comportement alimentaire commencent à nourrir de nouvelles approches cliniques.
Aux États-Unis paraît Intuitive Eating, d'Evelyn Tribole et Elyse Resch, en 1995 [10]. Dans le même temps, Jean Kristeller développe le concept de mindful eating, ou alimentation en pleine conscience.
Ces approches accordent davantage d'importance à la perception des sensations alimentaires, à la faim, à la satiété, au plaisir et à l'attention portée à l'expérience de manger.
En 1997, le médecin Steven Bratman forge le terme « orthorexie » pour décrire une préoccupation excessive autour de la qualité des aliments et du fait de « bien manger ». Cette notion ouvre également une réflexion sur la possibilité qu'une recherche excessive de contrôle alimentaire puisse elle-même devenir problématique.
En 2002, l'essai de Gesch et de ses collaborateurs mené dans une prison britannique suggère que des suppléments nutritionnels pourraient réduire certains comportements antisociaux [11]. Les résultats restent discutés, mais l'étude constitue une étape importante dans l'exploration expérimentale du lien entre nutrition et comportement.
En France, le psychiatre Gérard Apfeldorfer publie Je mange, donc je suis : surpoids et troubles du comportement alimentaire (1993) [12]. Son approche contribue à développer une réflexion sur le poids et les comportements alimentaires qui prend davantage en compte la psychologie du mangeur.
Autour du GROS (Groupe de réflexion sur l'obésité et le surpoids), créé dans les années 1990 avec notamment Jean-Philippe Zermati, une école francophone de réflexion sur la relation à l'alimentation prend progressivement forme.
La recherche et la pratique clinique commencent ainsi à se rejoindre autour d'une conception plus globale de l'alimentation : manger ne relève pas uniquement de besoins énergétiques, mais aussi de mécanismes physiologiques, psychologiques, comportementaux et environnementaux.
6. Depuis 2000 : la nutrition entre dans la recherche sur la santé mentale
Au début du XXIe siècle, l'intérêt scientifique pour les liens entre alimentation et santé mentale connaît une accélération importante.
Les chercheurs disposent désormais de grandes cohortes permettant d'étudier les habitudes alimentaires et leur association avec différents indicateurs de santé. Plusieurs travaux mettent notamment en évidence des associations entre une alimentation de type « occidental » et la dépression, notamment dans les recherches d'Akbaraly (2009) et de Jacka (2010).
D'autres études s'intéressent au régime méditerranéen et à la santé mentale, notamment à travers les cohortes SUN et PREDIMED.
Ces travaux ne permettent pas à eux seuls d'établir une relation de cause à effet. Ils contribuent cependant à faire émerger une question qui va prendre une place croissante dans la recherche : la qualité globale de l'alimentation pourrait-elle constituer un facteur modifiable de la santé mentale ?
Parallèlement, un autre acteur entre en scène : le microbiote intestinal.
En 2012, Cryan et Dinan consacrent un article majeur à l'axe microbiote-intestin-cerveau et à la manière dont les microorganismes intestinaux pourraient participer à la communication entre l'intestin et le cerveau [13].
Cette nouvelle ligne de recherche élargit considérablement le champ. Les interactions entre alimentation et cerveau ne sont plus envisagées uniquement à travers les nutriments qui passent dans le sang. Elles peuvent également impliquer le système digestif, le microbiote, le système immunitaire, le métabolisme et différents mécanismes de communication entre l'intestin et le cerveau.
En 2013, l'International Society for Nutritional Psychiatry Research est fondée. En 2015, un consensus international publié dans The Lancet Psychiatry contribue à structurer le champ de la nutritional psychiatry, ou psychiatrie nutritionnelle [1].
En 2017, l'essai SMILES apporte un élément particulièrement important à cette évolution. Cet essai contrôlé randomisé montre qu'une intervention visant à améliorer la qualité de l'alimentation peut s'accompagner d'une réduction des symptômes dépressifs chez des adultes souffrant de dépression [14].
Ce type d'étude marque une évolution importante de la recherche. Après avoir observé des associations entre alimentation et santé mentale, les chercheurs commencent à tester directement si modifier l'alimentation peut modifier certains paramètres de la santé mentale.
Depuis lors, les recherches se poursuivent dans de nombreuses directions : qualité globale de l'alimentation, nutriments spécifiques, inflammation, métabolisme, microbiote intestinal, axe intestin-cerveau, comportement alimentaire et interventions nutritionnelles dans différents troubles psychiatriques.
Le champ reste jeune dans sa forme actuelle, mais il repose sur une histoire scientifique beaucoup plus ancienne.
Un champ qui s'est construit par étapes
L'histoire de la psychonutrition ne correspond donc pas à la découverte soudaine d'un lien entre alimentation et santé mentale.
Elle ressemble davantage à une succession de découvertes qui ont progressivement rapproché plusieurs domaines scientifiques.
Les recherches sur les carences nutritionnelles ont d'abord montré que le cerveau dépend de l'état nutritionnel de l'organisme. Les travaux sur la faim et la satiété ont ensuite permis de mieux comprendre les mécanismes physiologiques et psychologiques qui régulent notre alimentation.
Les recherches en psychologie et en psychiatrie ont montré l'importance des émotions, des habitudes et de la relation au corps dans les comportements alimentaires. Les neurosciences de la nutrition ont ensuite exploré les effets de différents nutriments sur le cerveau.
Plus récemment, l'épidémiologie nutritionnelle, les essais cliniques et les recherches sur le microbiote et l'axe intestin-cerveau ont encore élargi notre compréhension de ces interactions.
Ces différentes lignes de recherche ne constituent pas une seule discipline. Elles forment plutôt un ensemble de connaissances complémentaires qui permettent aujourd'hui d'étudier l'alimentation et la santé mentale dans une perspective beaucoup plus intégrée.
Le terme « psychonutrition » est apparu relativement récemment pour désigner, dans des contextes variables, une partie de cet ensemble. Mais les recherches qu'il peut aujourd'hui recouvrir ont commencé bien avant que le terme lui-même ne soit utilisé.
Conclusion — Une histoire de plus d'un siècle
Lorsque l'on parle aujourd'hui de psychonutrition, on évoque souvent les liens entre alimentation, cerveau, émotions et santé mentale. Pourtant, ces liens ne constituent pas une découverte récente.
Ils sont le résultat de plus d'un siècle de recherches : des premières observations sur les carences nutritionnelles aux études contemporaines sur la dépression et l'alimentation, en passant par la compréhension de la faim et de la satiété, l'étude du comportement alimentaire, les neurosciences de la nutrition et la découverte progressive de l'importance de l'axe intestin-cerveau.
La psychonutrition est ainsi moins une nouvelle discipline apparue récemment qu'un domaine de connaissances qui s'est construit progressivement, à la rencontre de la nutrition, de la psychologie, des neurosciences, de la psychiatrie et de la physiologie.
Et cette histoire est loin d'être terminée. De nombreuses questions restent ouvertes : quels composants de l'alimentation jouent un rôle déterminant ? Par quels mécanismes ? Pour quelles personnes ? Dans quelles situations ? Et dans quelle mesure une modification de l'alimentation peut-elle réellement contribuer à prévenir ou à accompagner certains problèmes de santé mentale ?
Ce sont précisément ces questions que la recherche contemporaine continue d'explorer.
Références
[1] Sarris, J., Logan, A. C., Akbaraly, T. N., et al. (2015). Nutritional medicine as mainstream in psychiatry. The Lancet Psychiatry, 2(3), 271–274. https://doi.org/10.1016/S2215-0366(14)00051-0[2] Bruch, H. (1973). Eating Disorders: Obesity, Anorexia Nervosa, and the Person Within. Basic Books. Lien Amazon.fr[3] Stunkard, A. J. (1955). The night-eating syndrome: a pattern of food intake among certain obese patients. The American Journal of Medicine, 19(1), 78–86. https://doi.org/10.1016/0002-9343(55)90276-X[4] Keys, A., Brožek, J., Henschel, A., Mickelsen, O., & Taylor, H. L. (1950). The Biology of Human Starvation. Minneapolis: University of Minnesota Press. Voir la référence[5] Schachter, S. (1968). Obesity and eating: internal and external cues differentially affect the eating behavior of obese and normal subjects. Science, 161(3843), 751–756. https://doi.org/10.1126/science.161.3843.751[6] Cabanac, M. (1971). Physiological role of pleasure. Science, 173(4002), 1103–1107. https://doi.org/10.1126/science.173.4002.1103[7] Pauling, L. (1968). Orthomolecular psychiatry. Varying the concentrations of substances normally present in the human body may control mental disease. Science, 160(3826), 263–271. https://doi.org/10.1126/science.160.3825.265[8] Fernstrom, J. D., & Wurtman, R. J. (1971). Brain serotonin content: increase following ingestion of carbohydrate diet. Science, 174(4013), 1023–1025. https://doi.org/10.1126/science.174.4013.1023[9] Hibbeln, J. R. (1998). Fish consumption and major depression. The Lancet, 351(9110), 1213. https://doi.org/10.1002/14651858.CD004692.pub4[10] Tribole, E. & Resch, E. (1995). Intuitive Eating: A Recovery Book for the Chronic Dieter. St. Martin's Press ; éd. fr. Intuitive Eating – La révolution anti-régime, Marabout. Lien Amazon.fr[11] Gesch, C. B., Hammond, S. M., Hampson, S. E., Eves, A., & Crowder, M. J. (2002). Influence of supplementary vitamins, minerals and essential fatty acids on the antisocial behaviour of young adult prisoners. The British Journal of Psychiatry, 181(1), 22–28. https://doi.org/10.1192/bjp.181.1.22[12] Apfeldorfer, G. (1993). Je mange, donc je suis : surpoids et troubles du comportement alimentaire. Payot. Lien Amazon.fr[13] Cryan, J. F., & Dinan, T. G. (2012). Mind-altering microorganisms: the impact of the gut microbiota on brain and behaviour. Nature Reviews Neuroscience, 13(10), 701–712. https://doi.org/10.1038/nrn3346[14] Jacka, F. N., O'Neil, A., Opie, R., et al. (2017). A randomised controlled trial of dietary improvement for adults with major depression (the "SMILES" trial). BMC Medicine, 15, 23. https://doi.org/10.1186/s12916-017-0791-y